Témoignages

Pique nique à Chahhari le 1er septembre 2012  Photo-0BDADA06-06FB-4024-B7CC-A7652BEBF7EA-20120914-052530-1024[1]

par Fabienne Clauss

« Pasang est venu me chercher à 9h à l’hôtel. Nous avons roulé une demi-heure, jusqu’au pied des collines de Budhanilkantha puis, nous avons gravi la colline vers ce merveilleux endroit qu’est le boutique-hôtel de Chahhari qui nous accueillait pour la deuxième fois. En un an et demi, les jardins sont devenus magnifiques. Les citronniers, orangers, poinsettias, caféiers et bougainvillées font de cet endroit surplombant Kathmandou un véritable paradis, une oasis de verdure. De petites tables avec parasols blancs sur une pelouse immaculée, de belles terrasses panoramiques…Le buffet dressé à l’intérieur, à cause de la mousson, était composé de succulents mets népalais traditionnels.

Les plus petits ont joué au frisbee et au football, les plus grands étaient tout simplement contents de se retrouver. Tous sont venus, même ceux qui ont déjà une activité professionnelle. C’était très émouvant de voir les plus anciens en jeunes professionnels qui ont déjà commencé leurs vies d’hommes et de femmes…

Les trois kilos de bonbons et chocolats suisses que j’avais apportés  ont  disparu en un clin d’oeil. J’ai passé près de cinq heures en entretiens individuels avec tous les élèves pour consulter ensemble leurs  carnets scolaires, envisager leur avenir et les encourager à bien travailler et à penser à leur projet professionnel pour ceux de la classe 10. Avec les plus jeunes, nous avons aussi signé la charte de la Fondation.

Nous avions, cette année, un invité d’honneur, Mr Ang Phurba, de Sherpa Adventure Gear qui emploie Tshering dans son atelier de confection.Comme à chaque fois, nous avons aussi fait beaucoup de photos: individuelles, les filles, les garçons, tous ensemble. Ils se sont prêtés à tout cela avec patience et amusement. Les mamans et les tantes, de leur côté, étaient rayonnantes et heureuses de bavarder entre elles. Nous nous sommes quittés vers 16h après l’incontournable séance des katas de gratitude et en sachant que nous nous reverrions bientôt.»

Pemba et son stage

Accueilli à la Fondation Benoît Chamoux en 2004, Pemba avait était hospitalisé en 2005 à Kathmandu pour un problème au genou, et avait alors fait la rencontre d’un physiothérapeute, cette rencontre déterminera sa vocation. Après son SLC en 2008, il s’est inscrit au tout nouveau cours de physiothérapie à l’Hôpital de Dhulikhel qui dépend de la Kathmandu University. En 2011, il pourra obtenir son certificat et prétendre à une passerelle universitaire vers le Bachelor of Sciences en Physiothérapie.

Le campus de Dhulikhel est situé en dehors de Kathmandu, dans un site agréable, au calme avec les montagnes à l’horizon. Très bien équipé en matériel de physiothérapie, les étudiants peuvent s’exercer pour apprendre dans de bonnes conditions à soigner les patients. Les professeurs apprécient l’assiduité et l’intérêt montrés pas Pemba dans ses études. Chaque année 3 à 4 stages pratiques de 5 semaines sont obligatoires, dans des lieux et situations différents.

Echo de son récent stage à Pokhara : « Je suis en troisième année de physiothérapie et viens de commencer un stage pratique à Pokhara. C’est très intéressant. J’apprends beaucoup et ma pratique clinique s’améliore. Je vois beaucoup de nouveaux cas. La plupart des patients ont mal au niveau des lombaires, ce qui devient un problème commun ici. Je vois aussi beaucoup de cas de fractures et de cas neurologiques. J’ai envie d’apprendre sur tout cela et mesure encore plus avec ce stage pratique l’importance de la physiothérapie».

NATHM Fiesta  (Août 2010)

Lhakpa Nuru Sherpa qui est en deuxième année à l’Ecole Hôtelière de Kathmandu et Tenzing Chotar qui vient d’obtenir son certificat de cuisinier ont participé à la Fête Gastronomique de l’école Hôtelière (NATHM : Nepal Academy of Tourism and Hotel Management) le 28 août 2010.

«Nous avons appelé notre stand «Mongolian kitchen» car la plupart de nos plats sont d’origine mongole. Le thème était «hommage à ma ville natale». Notre équipe se composait de Tenzing, Pasang, un colocataire et Sonam, un ami de mon village de Kundé. Nous avons travaillé de cinq heures du matin à neuf heures du soir. Nous avons acheté, grâce à un petit budget octroyé par la Fondation Benoît Chamoux, le matériel et les ingrédients le jour précédent. Nous avons passé la nuit chez un ami proche de l’école. Nous devions tout préparer pendant la nuit mais une coupure d’électricité nous en a empêchés.

Le lendemain, nous avons dû nous lever à 4h30 du matin et sommes allés à l’école vers 5h. Nous avons pris un beignet et un thé dans le petit bar voisin. Puis, nous avons tout d’abord installé notre bannière sur le toit et le côté de notre stand. Nous avons ensuite cuisiné de 5h30 à midi, en suivant les instructions précises de Tenzing. Nous avons pelé des pommes de terre, des oignons, préparé de la pâte et de la viande hâchée pour faire les momos. Nous avons cuit à la vapeur des pâtes et coupé les légumes en julienne pour le « Mongolian barbecue ». Ce fut le jour le plus stressé de ma vie car je devais gérer les achats, le matériel, le stand, coordonner avec l’organisateur et présenter mes co-équipiers à tout le monde, car ils étaient nouveaux à NATHM. Je me sentais un peu dépassé surtout quand je me suis aperçu que nous n’allions pas être prêts à temps. J’ai demandé alors de l’aide à deux autres amis et nous étions finalement prêts à 12h30. Nous avons pu commencer à servir les clients à 13h.
A 13h30, il y avait beaucoup de monde devant notre stand, nous avons essayé de satisfaire tous nos clients avec le meilleur service possible. J’ai réparti les tâches et tout le monde a fait de son mieux. Nous avons reçu des compliments pour la nourriture et le service. Ce fut un vrai défi pour moi car c’était la première fois que je dirigeais une telle opération. Nous connaissions les habitudes culinaires des népalais qui ne connaissent pas la gastronomie. Ils se contentent de toujours manger la même chose. Nous n’étions que quatre en cuisine mais nous avons tenu à offrir un choix de dix plats, ce qui rendit l’expérience plus difficile.

Notre carte comportait les plats suivants : Poulet «Mongolian barbecue» – Légumes «Mongolian barbecue» – Momos (raviolis tibétains fourrés de viande hâchée, ciboulette et oignons) – Frites – Brochette de saucisses – Brochettes de pommes de terre – Pani puri (beignets de semoule fourrés avec de la purée, des herbes et des épices) – Lafin (plat tibétain à base de céréales et servi avec différentes sauces) – Khapse (plat traditionnel sherpa à base de farine, œufs et lait) – Churpi (à base de lait caillé).

Quatre mille personnes de tous les âges ont visité la fête. Un programme culturel avec beaucoup d’intervenants connus et des délégations de plusieurs pays fut présenté. Finalement, un concert avec des groupes célèbres népalais clôtura l’événement. Il y avait à peu près vingt cinq stands comme le nôtre sur différents thèmes. Une belle exposition de peintures de l’ouest du Népal présentait aussi la culture et les beautés de cette partie du pays.
Ce sont les élèves de fin de troisième année qui coordonnèrent tout l’événement. Cela fait partie de leur programme d’études. Ils doivent ensuite écrire des rapports.

Nous avons aussi participé à un petit stand sur la promotion de nos villages du Khumbu et avons distribué des brochures et des prospectus. Une magnifique expérience».